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samedi 31 mars 2007

drapeau de Louis Aury



Aury et Bolivar

Aury et Bolivar

LOUIS AURY: HEROS NAVAL DE LA GRAN COLOMBIA.

Ou la différence entre Corsaires et Pirates. Antonio Gómez Rodriguez* * Medico, Pediatra. Director del Hospital Universitario Fundación Santa Fe de Bogotá. Traduction Fred Beraud Dufour
L'indépendance de l'Amérique a constitué un mouvement émancipateur d'une telle ampleur, et les héros qui surgirent dans cette épopée ont acquis une telle réputation mondiale que, sans le vouloir, ils ont relégué aux oubliettes des personnages hauts en couleur, qui à tout autre époque seraient apparus comme d’importants héros militaires. En effet, si des génies militaires comme Bolivar, O’higgins ou San Martín ont minimisé les œuvres de Nariño, de Santander, Mirador, ou Sucre, que dire alors des centaines de nationaux et étrangers qui ont combattu et ont donné leur vie pour la liberté de l'Amérique… tant de héros oubliés. Par ailleurs, en amerique du sud, l'importance historique qui a été donnée aux batailles terrestres a escamoté celle offerte à la lutte maritime, contrairement aux grands empires : l’Espagne, l'Angleterre et les Etats-Unis ont eux rapidement compris que celui qui dominerait les Caraïbes dominerait l'Amérique. Ce n’est pas un hasard si quelques historiens spécialisés calculent que sans des batailles cruciales comme celle du lac de Maracaibo, l’embouchure de l'Orénoque ou la baie de Carthagène l'indépendance de la Grande Colombie aurait été retardée d’au moins 50 années. L'un de ces héros que l’injustice des uns et l’ignorance d'autres ont prétendu gommer de ces pages glorieuses a été Louis Michel Aury.
Né à Paris en 1788, il est entré au service de la marine française en 1802, il a abandonné son Paris natif et les conforts de sa famille de classe moyenne pour prendre part à l'indépendance de l'Amérique et devenir l’un des plus grands héros navals de notre histoire, ébranlant le pouvoir naval espagnol et redessinant les frontières depuis le Texas jusqu'à Buenos Aires.

Autoportrait

Autoportrait
L'historien argentin Carlos Ferro le décrit comme « un marin français ignoré en France, Brigadier général de la révolution mexicaine inconnu au Mexique ; Libérateur de la Floride sous-estimé dans cette terre de ses premières prouesses; Général en chef d'un escadron Argentin dont n’ont jamais entendu parler les argentins, un Capitaine de navire du Venezuela qui n’est pas cité dans le « dictionnaire des próceres ». Comodoro de la République de Carthagène, l’un des Libérateurs de la Nouvelle Grenade et proclamateur de l'indépendance de San Andres, Providence et Santa-Catalina, nié par les colombiens, Libérateur de Galveston et premier gouverneur du Texas méconnu des texans comme des mexicains, héros de la liberté du Honduras, du Nicaragua et du Guatemala en projetant de libérer Panama sous des ordres de San Martín, sans qu’une seule page de l'histoire officielle de l'ancienne République Fédérale d'Amérique centrale ne lui soit dédiée.
Corsaire sous patente argentine, il a hissé le drapeau bleu et blanc de Buenos Aires dans l’ile de Providence (aujourd’hui Colombienne) et sur les nombreux navires de son Armada durant plus de trois années, faisant face au pouvoir militaire des Bourbons et parvenant à se convertir en véritable cauchemar pour Fernando VII. Son admirateur et subordonné, le célèbre géographe Agustín Codazzi, le décrit comme "un homme de stature moyenne, les cheveux raides et la raie au milieu, noble de cœur, et d'une rare intelligence." Dans le journal "El Tiempo" Candioti ajoute que "Aury était courageux et résolu mais d'une invariable droiture de cœur. Il convient de dire qu'il n'a jamais mis en pratique la guerre à mort si typique de l’époque, et que l’on n’a jamais pu l’accuser d'aucune atrocité."

Aury et ses hommes en Floride

Aury et ses hommes en Floride
La passionnante histoire Américaine de cet homme commence alors que son bateau de la marine française est ancré en Louisiane, avec le désenchantement qu’avait produit le couronnement de Napoléon, empereur, parmi les admirateurs du général Bonaparte. Beaucoup de français ont pratiquement déserté face à ce qu'ils considéraient comme une trahison aux idées libertaires de la révolution française (idées dans lesquelles Louis Aury avait été éduqué). Après avoir passé quatre années comme marin marchand il put économiser $4000 dollars avec lesquels il acquit un bateau qu’il baptisera « Vengeance »*(ndt) et qui, une fois converti en navire corsaire, se mit au service de tous les pays héritiers en Amérique des idées révolutionnaires Européennes. En ces temps là, la priorité était en temps de guerre d'affecter l'économie de la nation ennemie, particulièrement par l'interruption de ses routes commerciales, alors presque exclusivement maritimes.
Les Corsaires, étaient des guerriers professionnels qui n’agissaient que dans le cadre d’une « Lettre de Course », octroyé par l’un des pays en conflit. Ils pillaient les bateaux qui transportaient les richesses de l'Amérique vers l'Espagne et vice versa. Avec le produit de ces attaques ils finançaient l'État qui les garantissait, et ils obtenaient de celui-ci une reconnaissance économique préalablement pactisée. Ils agissaient également comme marine de guerre, faisant face à des navires militaires quand les circonstances l'exigeaient ou comme troupes d'assaut terrestres si cela s’avérait nécessaire. Rien à voir donc avec les pirates qui cherchaient seulement le profit personnel et qui pillaient des bateaux de toute nationalité y compris la leur. Les républiques Américaines naissantes ont armé des Corsaires mais l'Espagne a fait de même dans d’autres circonstances telles que la lutte contre la contrebande.
Aury, « Patronyme court et cinglant avec lequel il signait généralement ses documents », se référant fréquemment à lui-même comme le pirate français pour braver encore plus les préjugés a son encontre, et ceci bien qu'ayant reçu les titres de capitaine de navire, Comodoro, Amiral, Général en chef, Gouverneur et Chef civil et militaire, entre autres… Dans son propre bateau et sous pavillon vénézuélien il a levé l'ancre de Caroline du Nord en 1813 avec la mission d'attaquer des bateaux espagnols dans les Caraïbes et de se présenter au front à Carthagène alors que le General Morillo entamait le siège tristement célèbre de la ville.
On peut le considérer comme la première figure majeure de la marine Colombienne et comme tel, il fut investi par le gouvernement républicain de Carthagène. Dans une mission courageuse bien que pas totalement victorieuse, il a évacué des centaines de patriotes piégés à Carthagène en 1815 alors Que Bolivar et ses troupes avaient les avaient abandonné sous la menace imminente de l'Armada Espagnole. Cependant, des erreurs stratégiques et des différents politiques avec le Chef militaire de Carthagène, firent que nombre de ces navires surchargés n’arrivèrent jamais a destination. Il est possible que la principale cause de cet échec ne fut autre que le désir utopique d'Aury de sauver un trop grand nombre d’exilés.
De là, il a allé à « Aux Cayes » en Haïti rejoindre Bolivar. Ce dernier, bien que mis en échec au Venezuela, prétendait être désigné chef unique des armées qui libéreraient cinq nations. Aury et d'autres français voulaient un commandement plus collégial et non incarné par une seule personne. Bolivar quant à lui se refusait à remercier Aury pour son héroïsme de Carthagène, lui reprochant le trop grand nombre de pertes humaines. Bolivar était soutenu par l'autre figure navale de la Grande Colombie, le Curazaleño Brion qui fut aussitôt promu au rang d’Amiral et qui désormais ne cesserai de s’interposer entre Bolivar et Aury, s’octroyant au passage toute la gloire navale de la guerre d'indépendance au service de laquelle il mit son abondante fortune et qui lui valu le titre d'« Amiral Financier ».
Cette opposition d'Aury à Bolivar en Haïti marquera sa vie a jamais. Désormais et jusqu’à son dernier souffle, il combattra au nom de la liberté de l'Amérique mais sans la reconnaissance du Libertador et navigant parmi les pièges et les intrigues de Brion. Le Comodoro Aury repart déçu d’Haïti, sur son navire battant toujours pavillon Carthagenois et sa précieuse armée désormais dédaignée par Bolivar viendra vite se refugier sous le drapeau mexicain. En 1816 Aury établit une base navale dans l’ile de Galveston (aujourd'hui port de Houston) et est reconnu comme le premier Gouverneur civil et militaire (mexicain) du Texas

Billet de 6 1/4 signé de Gregor MacGregor, Isla Amelia, 1817

Billet de 6 1/4 signé de Gregor MacGregor, Isla Amelia, 1817
Tandis qu’Aury sillonne les mers a la poursuite des Espagnols, le célèbre corsaire Jean Laffite profite de son absence pour occuper Galveston. Aury essaye alors d’en reprendre le contrôle mais sans succès. Il abandonne le Texas dans 1817 pour collaborer avec Gregor McGregor, aventurier écossais dans la campagne de libération de la Floride du joug espagnol. Après avoir pris le contrôle de l'île d’Amelia, il décide d’y établir une base pour ses corsaires. Aury et ses associes se réunissent à bord de son navire « Congrès mexicain » et, puisque ses bateaux portaient maintenant le drapeau mexicain, l’île Amelia est annexée à la république mexicaine en septembre de 1817. Il consent le gouvernement civil de l'île aux amis de MacGregor mais conserve pour lui-même le commandement militaire et naval.

Proclamation

Proclamation
Dans l'île il y avait un mélange d’aventuriers américains, anglais, irlandais et français. Outre ses forces armées bien formées provenant de Galveston et constituées de combattants de plusieurs nationalités, beaucoup provenant des bataillons Napoléoniens, « la terreur de l'Espagne » comptait 130 mulâtres connus comme les « noirs d'Aury ». Ainsi, dans un climat de racisme, la population de la Floride était divisée un « Parti américain » et un « Parti français ». En novembre, le Comodoro a aligné ses bateaux et a dirigé ses canons vers Fernandina en tentant d y reproduire l expérience texane. A son insu, le président Monroe avait décidé d'invoquer un acte du Congrès qui permettait de combattre toute puissance étrangère affirmée en Floride et ordonnant à ses armées d’occuper île d’Amelia pour la sortir des griffes des « mexicains d'Aury ». Pendant ce temps l'île et son commerce progressaient et Aury convoquait des élections pour former un gouvernement autonome.
A cette époque, sont arrivé dans un bateau vénézuélien Vicente Pazos un éditeur de Buenos Aires qui s'est chargé de traduire les documents d'Aury et a publié ce qui fut sans doute le premier journal en langue espagnole de Floride, ainsi que le Dr. Pedro Gual, de Caracas, qui suggéra à Aury de laisser la liberté du Venezuela entre les mains de Simón Bolivar et Luis Brion, et de se concentrer sur la Nouvelle Grenade (actuelle Colombie) en commençant par l'isthme de Panama. Pendant que Gual, Pazos et Mr. Minder rédigeaient une constitution pour l'île, on a pris connaissance de l'intention américaine d'envahir l'ile, (l'Amérique pour les Américains). En abandonnant une tentation momentanée de résister, Aury a décidé de laisser l'île, mais il n'a pas pu le faire étant donné la piètre condition de ses bateaux, il a alors rédigé, un document de protestation adressé au président Monroe le 23 décembre de 1817.
Le drapeau Américain a remplacé l’étandard mexicain et les Etats-Unis (E.U.) ont pris une possession de l'île, et de la Floride, avec l'approbation de l'Espagne qui a préféré perdre la Floride au profit des Etas-Unis plutôt qu’aux mains enemies des républiques latino-americaines qu'ils lui avaient déclaré la guerre.De toute façon les E.U., pretendaient que les corsaires agissaient au nom « des Gouvernements du Vénézuéla et de la Nouvelle Granada, qui selon eux, n'existaient que dans quelques foyers révolutionnaires aux Antilles et dans certaines zones de ces pays seulement ».


Expulsé de Floride, les soldats noirs furent expédiés par les américains à Saint-Domingue tandis que les blancs eux, restaient deux mois comme « hôtes indésirables », jusqu'à ce que l’on les laisse enfin partir au début de 1818.

Providence vue de Santa-Catalina

Providence vue de Santa-Catalina
Acceptant la proposition de Pazos et de Gual de libérer à la Nouvelle grenade, Aury se dirigea avec sa flotte de 14 navires vers Barlovento au Vénézuéla avec l'intention d'aider à Brion qui était attaqué dans l'embouchure de l'Orénoque par une force très supérieure venue de Cadix pour écraser sa flotte républicaine.
Malgré le succès de cette action salvatrice d'Aury l'amiral Brion ne proféra pas le moindre mot de remerciement ou de reconnaissance et lui soutira même 2 vaisseaux. Désillusionné, Aury se dirigea alors vers les îles de San Andres et Providence, îles anglophones et protestantes, appartenant à la Nouvelle Grenade, mais abandonnées depuis fort longtemps au mains des espagnols en raison de leur éloignement géographique (ces iles se trouvent face a l’actuel Nicaragua qui en revendique encore de nos jours la souveraineté). 400 hommes à la commande d'Agustín Codazzi prennent possession sans combattre de Santa-Catalina le 4 juillet de 1818.

Fuerte de la libertad - Vieja Providencia

Fuerte de la libertad - Vieja Providencia
Dessin de Louis Pérou de Lacroix

En 1820 et de nos jours

En 1820 et de nos jours
Dans le fort « la Liberté », reconstruit par l'ingénieur Agustín Codazzi, Aury établit son quartier général et nomme secrétaire d'État Louis Pérou de Lacroix, plus tard auteur du « journal de Bucaramanga », qui finira par le trahir pour rejoindre Bolivar et qui des années après se suicidera à Paris (rongé par les remords dit-on). Peu de temps après, est arrivé à Providence le Chamoine chilien José Cortés Madariaga. Celui-ci convaincra Aury de reprendre sa vieille idée de libérer Panama et, puisque le Vénézuéla et la Colombie étaient toujours sous le joug espagnol de Morillo, Cortés Madariaga rédigea une lettre de course au nom des États Confédérés Buenos Aires et du Chili dont il était ambassadeur en Jamaïque voisine.

José Cortes Madariaga

José Cortes Madariaga
La première expédition fut faite avec succès au fort de San Felipe au Honduras et Aury offrit son aide au Gouverneur patriote de la province de Cithare (Chocó Colombie), José María Cancino. Pendant trois années, celui qui était maintenant l'Amiral Aury a essayé d'obtenir la reconnaissance de Bolivar tandis qu'il donnait des batailles pour la liberté du Chocó, du Panama et des républiques d'Amérique centrale depuis sa nouvelle base d'opérations dans les îles Providence et Sainte Catalina. Suite à cette collaboration avec José María Cancino, Aury écrit au Vice-président Santander en envoyant depuis Portobelo (Panama) à Bogota, d'abord à son aide-de-camp français Guillermo Eduardo Coutin et ensuite à son commandant italien et futur géographe Agustín Codazzi.

Ile de la Vielle Providence

Ile de la Vielle Providence
Malgré la considération très favorable et le soutien du vice-président Santander, Bolivar insiste et rejette toujours cette armée de 18 navires du français qui continue à livrer bataille pour la liberté de cette nation qui le rejette. Santander, contre les désirs du Président et de l'Amiral Brion, envoie une réponse chaleureuse à Aury : « … si nous nous sommes trompés en n'acceptant pas la coopération de vos forces navales, nous ne nous sommes pas trompées en vous croyant toujours amical et défenseur de notre indépendance. Il est primordial que je vous présente mon immense gratitude et considération ". De nombreux autres partageaient cette même considération pour le marin : Don Francisco Antonio Zea, Pedro Gual et le docteur Castillo... En une unique occasion, en 1819, Bolivar ordonna au Général Montilla d’admettre le corsaire comme capitaine de navire de la république, le français refusa ce grade injurieux, considérant mériter amplement le titre d'amiral tout comme Brion.

AURY PAR TRUJILLO 1820

AURY PAR TRUJILLO 1820
Si une région colombienne est redevable à Aury pour son indépendance, c’est bien l'archipel de San Andres et Providence. Le Parisien a été le premier à en deviner l'importance stategique pour la Colombie. En établissant dans « Old Providence » sa base d'opérations à partir desquelles il lance de multiples attaques sur les cargos espagnols, il parvient à y établir une économie fleurissante et une organisation politique propre tout en effectuant entretemps des efforts continus pour reconstruire son amitié avec Bolivar.

Bahia Santa Catalina

Bahia Santa Catalina

Ruines du Fort de la Liberte

Ruines du Fort de la Liberte
A peine Providence reconstruite, un ouragan phénoménal détruit ses bateaux et la peste minent ses troupes. Brion y voit une opportunité et sollicite Aury pour la campagne de Panama. Le Comodoro qui ne peut s’exécuter écrit alors une longue lettre au congrès colombien en évoquant ses problèmes et l’état de ses troupes. Malgré tout il parvient à reconstruire sa flotte et l'île, avec le temps, il va même jusqu’à importer des maisons préfabriquées aux Etats Unis gagnant beaucoup de temps sur la reconstruction*(ndt), il construit une église, un hôpital, des établissements commerciaux et restaure un fort espagnol. Aury ne s'opposant pas au désir des insulaires de faire partie de la Nouvelle Grenade, protège l'archipel de tout envahisseur.
Selon la version officielle, le 30 août 1821, âgé de 33 ans, tandis qu'il pratiquait l'équitation, son passe-temps préféré, le Corsaire tombe de son cheval et il meurt dans l'île de Santa-Catalina où, comme seul hommage, les ruines du fort construit par Codazzi porte encore son nom. (Ndt) De nombreux indices me font penser que malgré le témoignage un peu flou de Codazzi, la version de la chute de cheval n’est guère crédible, d’autant que de mémoire de natif, Santa Catalina n’a jamais fait partie à Providence, des lieux ou l’on pratique traditionnellement l’équitation… Il y a par ailleurs l’existence d’une lettre de Bolivar quelques jours plus tôt qui parle de résoudre le problème Aury dans des termes plutôt ambigus. Et enfin Agustín Codazzi bien que géographe minutieux et méthodique, a en d’autres occasions été pris en flagrant délit de mensonge. Par exemple lorsqu’il décrit longuement un voyage qu’il a fait en Argentine en compagnie d’Aury, voyage qu’ ils ont peut être bien effectué ensemble, mais dont les dates et d’autres détails ne peuvent absolument pas coïncider.
Le 23 juin 1822, sous l autorité des officiers d'Aury, a été proclamée l'adhésion de l'archipel à la constitution de Cúcuta et les îles devinrent le sixième canton de la province de Carthagène. Aury n'a laissé ni biens ni fortune, la totalité de ses richesses fut totalement consacrée à l’émancipation de l'Amérique latine, confirmant ainsi que sa lutte était patriotique et non économique. Agustín Codazzi et son ami Ferrari ont apporté à sa sœur à Paris, comme seul héritage, ses lettres, documents personnels ainsi que des reconnaissances de dette évidemment sans valeur, des documents dans lesquels le gouvernement argentin s’engageait à rembourse les frais générés par son action sous son drapeau.
En mourant Aury a été remplacé dans son commandement par Sévère Courtois, celui-ci et ses lieutenants ont été rapidement acceptés au sein de la patrie et incorporé a l’armée conformément au désir d’Aury. Son plus célèbre compagnon de route a été Agustín Codazzi. Etrangement nul ne parle de sa vie de corsaire et l’on se souvient de lui que comme géographe, Général et même Ministre00. Guillaume Edouard Coutin Brisson, son aide-de-camp, sera nommé par les partisans de Bolivar juge et gouverneur de la région du Chocó et jouera un rôle prépondérant dans le congrès de Buga en évitant l'annexion du Grand Cauca à l'Équateur.
Les différents de Bolivar avec Louis Michel Aury étaient d’ordre personnel, pas idéologique. Aury a été un héros authentique, un marin visionnaire, un chef adoré de ses soldats, un libertador qui a créé des états indépendants et un soldat de la liberté, fils de la Révolution française, dont les idées politiques ont été concrétisées dans des proclamations révolutionnaires flamboyantes, preuves indélébiles de son amour pour la Colombie.

El malecon de los enamorados

El malecon de los enamorados

el puerto

el puerto

desde el pico

desde el pico

BIBLIOGRAFÍA

• Ortiz SE. Franceses en la independencia de la Gran Colombia, Bogotá: editorial ABC, 1971.

• Ferro C. Vida de Louis Aury, Buenos Aires, Argentina: editorial cuarto poder, 1976.

• Aury L. Documentos y correspondencia del Almirante Louis Aury. Biblioteca Luis Angel Arango, Bogotá, 1966.

• Cacua P. El corsario Louis Aury, intimidades de la independencia, Bogotá: Editora Guadalupe, colección bolsilibros, 2001.